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Présences Grenoble
Commerce — Le 17 février 2025

« Aider le commerce à franchir le cap des prochaines années »

Un soutien direct à l’installation ou à l’investissement de 1 000 commerces en 10 ans pour un montant de 5 M€… À l’heure où la Métropole grenobloise tire le bilan de son action en faveur du commerce, une nouvelle feuille de route, votée en juillet 2023, définit cinq ambitions fortes pour la décennie à venir. Explications par Barbara Schuman, conseillère métropolitaine déléguée au commerce et à l’artisanat.

Barbara Schuman, conseillère métropolitaine déléguée au commerce et à l’artisanat
Barbara Schuman, conseillère métropolitaine déléguée au commerce et à l’artisanat © F. Ardito

De quel constat êtes-vous partie pour élaborer le plan d’action complet dédié au commerce ? 

Tout a démarré en sortie de Covid, lorsque les premiers résultats ont établi qu’en 2020 et 2021, la part du e-commerce dans le chiffre d’affaires global du commerce de détail avait atteint le niveau record de 12 % (contre 9 % en 2019). Cette part est depuis retombée en 2023 à 10 %, mais se monte déjà à 25 % pour certaines catégories de produits, notamment en équipement de la maison. Nous sommes, sans aucun doute possible, entrés dans une société qui mute très vite dans ses habitudes d’achat ! La Métropole a alors décidé d’initier un travail avec un bureau d’études, et d’ouvrir la réflexion avec des associations de commerçants et les chambres consulaires. Cela a conduit au vote de la délibération-cadre de juillet 2023, déjà complétée depuis…

Il fallait déjà faire face à de nouvelles urgences ? 

Oui. Le commerce se trouve confronté à une double crise. La première est conjoncturelle : depuis 2023, la consommation s’affaiblit avec le ralentissement économique. À la stagnation des chiffres d’affaires s’ajoutent le remboursement des PGE, de l’Urssaf, l’inflation et la hausse des prix de l’énergie… La seconde est structurelle : les mutations du e-commerce s’accompagnent de l’explosion de la seconde main, des difficultés des enseignes de moyen de gamme, au profit du low cost et du haut de gamme… Ce sont des virages très rapides. 

Dans le même temps, le commerce joue un rôle fondamental de stabilisateur de lien social, de service aux populations, et d’animation de nos villes. Mais la configuration systématique du commerce en pied d’immeuble, adoptée dans les années 1980, a vécu. Nous voyons bien que nous sommes à la fin d’un modèle et au début d’un autre. Déjà, les structures de santé ont tendance à revenir en rez-de-chaussée, pour des raisons d’accessibilité. Comment faire mieux cohabiter ces multiples activités ? Parfois en créant des tiers-lieux, comme la Ville de Grenoble l’a initié en soutenant des pop-up accueillant des collectifs d’artisans. La Métropole n’a pas vocation à apporter des aides directes aux entreprises, mais à étudier comment les accompagner pour leur permettre de franchir le cap de ces prochaines années. C’est l’esprit des cinq ambitions que nous avons définies. 

Quelles sont-elles ?

La première consiste à se doter d’une stratégie pour le commerce, avec un plan d’aménagement commercial concerté qui acte pleinement le renforcement des polarités commerciales de centre-ville, et l’embellissement des entrées de ville. 

La seconde priorité est la lutte contre la vacance commerciale. Avec un taux de vacance de 12 %, Grenoble est en ligne avec la moyenne nationale et d’autres villes comparables. Ce taux évolue toutefois à la hausse en France. Nous venons de nous doter d’un nouvel outil, la foncière commerciale Inovaction Commerce, pour permettre de racheter des locaux vides, de les rénover et les louer, et pourquoi pas, de les revendre à terme. Cette foncière a déjà acquis cinq locaux, dans des zones où l’intervention publique était nécessaire, à Vizille ou cours Berriat, notamment. L’ambition est de mener des acquisitions de 30 à 40 locaux au total, pour avoir un réel effet d’entraînement. Inovaction Commerce ne s’interdira pas non plus de réaliser un achat d’opportunité sur une zone commerciale forte pour financer d’autres opérations.

Pour rendre plus incitative la réoccupation de locaux vacants, la troisième action consiste à augmenter progressivement la taxe annuelle sur les friches commerciales, et à porter le sujet, au niveau national, de l’encadrement des loyers commerciaux quand leur remboursement est terminé. Quatrième mesure : nous créons un Office métropolitain du commerce, pour coordonner toutes nos initiatives. Cet outil est doté d’une gouvernance partagée avec les associations de commerçants, les chambres consulaires, la Fnaim et les élus des communes de la Métropole. Il permet aux commerçants et artisans de disposer d’un guichet unique, avec des permanences d’accueil dans les Mairies, pour être encore plus proches des commerçants. 

Pour améliorer l’attractivité du centre-ville de Grenoble, nous avons également lancé un projet de street art, qui aide les commerces volontaires à faire appel à des artistes, avec une partie du financement pris en charge. Près de 90 artistes ont déjà répondu à notre appel, et la sélection aboutit à un catalogue magnifique à la disposition des commerçants. 

Enfin, nous remettons en février les trophées « Mon commerce de demain », selon quatre catégories – les transitions, le commerce éthique et local, l’accessibilité, l’embellissement de la devanture – pour valoriser les transformations du commerce.

La Métropole a aussi commandé à l’Aurg une étude sur l’état de santé des zones commerciales. Quelles ont été ses conclusions ? 

Le territoire manque cruellement de réserve de foncier pour accueillir des activités industrielles. Il s’agissait donc, par un diagnostic fin des zones commerciales créées dans les années 1970 à 1990, de savoir si celles-ci sont en bonne santé, et si une mutation devait être envisagée, d’en déterminer la portée. Or il s’avère que les 16 zones identifiées, correspondant à plus de 1 000 commerces, dont 185 grands magasins (plus de 300 m2), se portent plutôt bien, avec un taux de vacance de seulement 9 %. À l’instant présent, l’étude a pu souligner qu’aucune action décisive ne s’imposait. Mais l’outil de veille existe. Des opérations très ponctuelles de remobilisation de foncier économique pourront être conduites. Un suivi dans le temps est désormais possible.

E. Ballery

« Notre feuille de route prévoit de resserrer les liens avec LabelVille et l’Umih pour le commerce de centre-ville. » 

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