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Classement — Le 13 décembre 2018

Leader de l'année 2018 - Soitec : une centaine d’embauches encore prévue en 2019

Porté par les marchés de la mobilité et de l’intelligence artificielle, le leader mondial des matériaux semi-conducteurs innovants a renoué avec une croissance forte (+31 % en 2017-2018) et profitable. Soitec vise une progression tout aussi dynamique sur 2018-2019. Paul Boudre, son directeur général, trace l’ambition pour les années à venir.

Paul Boudre, directeur général de Soitec © E. Tolwinska

Depuis 2016, Soitec a accompli un redressement spectaculaire. Qu’est-ce qui a été à l’origine de cette croissance ?

Paul Boudre : En 2015, la société est sortie du solaire et s’est recentrée sur les composants pour les smartphones, l’automobile, les infrastructures cloud et l’Internet des objets. Nous avons pris ce tournant avec la volonté d’apporter une forte valeur ajoutée sur nos produits. Ils génèrent ce dont les clients ont besoin, à savoir performance, faible consommation d’énergie, fiabilité et capacité à intégrer de plus en plus d’applications sur une même puce. En 2017, l’activité, très soutenue, a été portée par les applications de radiofréquence (RF-SOI) et d’électronique de puissance (Power-SOI), tirées par les marchés de la mobilité et de l’automobile. Désormais, tous les smartphones du monde, quelle que soit leur marque, utilisent nos technologies, devenues les standards du marché. Par ailleurs, 6 milliards de puces Soitec équipent l’automobile, et 20 milliards sont présentes dans les objets connectés…

Vos perspectives sont-elles aussi favorables pour 2018-2019 ?

PB : Nous devrions réaliser une croissance encore supérieure à 35 %, avec un taux d’Ebitda attendu autour de 30 %. Dans le même temps, 120 millions d’euros sont investis d’ici mars 2019. D’abord à Bernin 1, où la capacité de production des plaques SOI en 200 mm sera progressivement augmentée à 950 000 par an. Ensuite à Bernin II, où l’usine spécialisée dans les plaques SOI de 300 mm verra sa capacité maximale de 650 000 plaques utilisée à plein d’ici mars 2019. Nous réalisons une extension pour atteindre à terme 1 million de plaques en 300 mm. À Singapour enfin, où une ligne de production de plaques FD-SOI est en préparation.

Des retournements de cycle, fréquents dans la microélectronique, sont-ils à redouter ?

PB : Des phases de ralentissement, ou même de retournement économique, sont toujours possibles. Mais la vague d’innovation ne s’arrête plus. Elle concerne tant les sujets de la mobilité que l’intelligence artificielle ou la réalité augmentée. De grands bouleversements sont devant nous, dans notre façon de vivre au quotidien. Ils sont portés par l’industrie des semiconducteurs, dont Soitec constitue l’un des maillons essentiels. Nos produits seront demain présents dans les maisons, les voitures, l’environnement de travail, le monde de la santé… Nous attendons une forte croissance dans les années à venir. Et même si la trajectoire n’est pas linéaire, les courants porteurs sont là !

Soitec a toujours fait le choix d’investir et de développer l’emploi en France, pourquoi ?

PB : Nous sommes extrêmement heureux de notre position à Grenoble. Soitec amène à ses clients une vraie différenciation technologique. Cette différenciation est née de collaborations très fortes avec nos clients, et de partenariats stratégiques de R&D, notamment avec le CEA-Leti. Ils font partie intégrante de notre succès ! Or les rythmes d’innovation et de mise sur le marché des produits s’accélèrent. En 2017, Soitec a franchi un cap supplémentaire en créant avec le CEA-Leti un laboratoire commun dédié aux nouvelles générations de puces et de matériaux. Il est ouvert à nos clients pour leur permettre d’avancer plus vite dans la conception et l’industrialisation de leurs produits. Très peu de concurrents ont accès, comme nous, à un écosystème de R&D aussi performant localement ! Nous venons d’ailleurs, avec MBDA, d’acquérir les actifs de Dolphin Integration, société de 155 personnes, initialement orientée vers les applications aérospatiales et industrielles, et dont les débouchés pourront être progressivement élargis vers nos marchés. Si l’on ajoute l’IPCEI (Important project of commun european interest), supporté par l’Europe, la France et la Région, qui devrait accompagner les centaines de millions d’investissement et les centaines d’emplois créés par les acteurs européens des semi-conducteurs dans les cinq prochaines années, alors l’Europe redevient un continent attractif. Chaque poste chez Soitec en génère trois autres, de façon indirecte, dans l’économie.
E. Ballery

Infos clés

  • Leader des matériaux semi-conducteurs innovants dédiés aux marchés de l’électronique
  • Création : 1992
  • CA 2017-2018 (clos au 31 mars 2018) : 310,6 M€ (+ 31 % par rapport à 2016-2017), dont 87 % à l’export
  • Marge d’Ebitda : 29,7 % (16,7 % en 2016-2017)
  • Résultat net : 87 M€ (8,4 M€ en 2016-2017)
  • Effectif : 1 092 personnes en mars 2018, en croissance de 15,9 % sur un an 
  • Brevets : 3 500
  • Répartition du capital :
    11,5 % BPI France Participations,
    11,5 % CEA Investissement,
    11,5 % NSIG Sunrise,
    2,6 % Caisse des Dépôts et consignations, 61,17 % public.

A savoir

  • Nous avons créé plus de 200 emplois en 2017 et 2018

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