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  • Tourisme 16 septembre 2026

    L’ancien Hôtel du Parc transformé en hébergement quatre étoiles

    À Allevard, l’ancien Hôtel du Parc a été transformé et a rouvert au printemps 2026. Fermé depuis six ans, cet ancien deux-étoiles a été acquis en 2024 par la...

    À Allevard, l’ancien Hôtel du Parc a été transformé et a rouvert au printemps 2026. Fermé depuis six ans, cet ancien deux-étoiles a été acquis en 2024 par la société d’exploitation thermale (SET) Parc Allevard et entièrement restauré, selon la direction, pour un montant total de 6 M€. Cet établissement marque une nouvelle étape dans le développement de la SET, qui vise un classement quatre-étoiles, avec un dossier en cours d’évaluation. « Notre souhait est d’intégrer cette nouvelle adresse et cette offre innovante à l’écosystème économique régional, pour en faire un lieu emblématique de séminaires d’entreprises du Grésivaudan et de la région de Grenoble, Annecy, Chambéry et Lyon. Nous souhaitons devenir une référence régionale de la prévention santé et un pilote pour démontrer que le thermalisme peut se réorienter vers une nouvelle médecine du quotidien », indique la SET Parc Allevard. 

    Séjours santé et bien-être 

    Le bâtiment, dont la construction remonte à 1870, se situe au cœur du parc thermal. Il est équipé d’un espace fitness, d’un spa et compte 49 chambres, un restaurant ainsi que des salons modulaires. « Notre clientèle cible est l’entreprise, pour des séminaires, à la journée ou demi-journée, et des programmes “télétravail et santé” à destination des salariés », poursuit la direction. Désormais nommé Le Parc-Hôtel et Spa, l’établissement développe une offre de séjours et ateliers sur les thèmes du bien-être, de la santé ou de la gestion du stress.

    « Notre ambition est de proposer dans les prochains mois des séjours de une à trois nuits en moyenne, ou des ateliers en journée, avec des bilans de vitalité, des parcours santé et des méthodes et exercices simples pour renforcer son capital santé au quotidien et dans la durée. » L’hôtel accueille également dès cet été les séjours proposés via Respirelax, l’application de cohérence cardiaque développée par les thermes d’Allevard.

    A. Fourney

  • Accueil 16 septembre 2026

    Orpheo tisse sa légende

    Qu’est-ce qui relie à la fois la statue de la Liberté, le château de Versailles, le palais impérial de Tokyo, la grande mosquée d’Abu Dhabi ou encore l’Opéra de...

    Qu’est-ce qui relie à la fois la statue de la Liberté, le château de Versailles, le palais impérial de Tokyo, la grande mosquée d’Abu Dhabi ou encore l’Opéra de Sydney ? Tous ces sites touristiques font appel aux solutions d’aide à la visite (audioguide, audiophone, visioguide…) d’Orpheo. L’entreprise, fondée en 1992 à Grenoble par Antoine Eisenstein sous le nom d’Ophrys Systèmes, est devenue en trente ans l’un des trois acteurs internationaux du secteur, opérant dans 40 pays. Elle a fabriqué et diffusé plus de 300 000 appareils depuis sa création. Chaque jour, des millions de touristes utilisent ses interfaces. 

    Scénariser l’expérience culturelle

    La mutation a démarré en période Covid. À la manœuvre, Alain Eisenstein, fils d’Antoine, entré dans la société en 2011. « Nous avons été saisis en 2020 d’un projet : un scénario et une production audiovisuelle à développer pour un vignoble de la Drôme provençale. Il s’agissait d’une première. Jusqu’alors, nos clients faisaient appel à leurs propres médiateurs culturels pour élaborer leurs contenus. Nous assurions parfois un rôle de conseil, grâce à notre expertise entre ce qui fonctionne ou pas pour les visiteurs. Mais ici, nous partions d’une page blanche. » 

    Jeux de lumières, récits, effets sonores… une petite équipe met au point la première « expérience immersive » dans les vignes. Banco ! Ce site de la Drôme accueille bientôt des centaines, puis des milliers de visiteurs. Le bouche-à-oreille suit : l’initiative donne lieu à d’autres réalisations, pour les remparts de Carcassonne, le château de Pézenas, un domaine viticole près de Rome, un château anglais… Un studio de production a ainsi émergé au sein d’Orpheo, qui rassemble à présent une dizaine de personnes. « Nous nous sommes mis en mode labo, avec beaucoup de R&D pour aboutir au meilleur audio possible, aux effets déclenchés sans temps de latence, à la qualité et la fluidité de l’expérience », commente Alain Eisenstein. C’est cette équipe qui élabore le parcours nocturne « Vercors en lumières » en 2025. « Nous avons pris ici un véritable risque financier. Nos équipes ont travaillé avec les élus et l’office de tourisme à identifier un site. C’est Orpheo qui a ensuite investi sur les contenus, les équipements, le parking, les sanitaires. Nous avons tous été surpris par le succès obtenu. Au bout de six mois d’exploitation, nous avions déjà 50 000 visiteurs, ceux-ci affichant un score de 4,9 sur 5 pour la satisfaction. » Cette activité est ainsi devenue récurrente et la principale source de diversification de l’entreprise. 

    Liberté artistique

    Orpheo tient-elle là un nouveau modèle de médiation touristique et culturelle ? Alain Eisenstein en est convaincu. « Depuis les années 2010, les attentes des visiteurs ont fortement évolué. Ils ont pu vivre des expériences déceptives, en gardant les yeux rivés sur leur smartphone, sur des sites gagnés par le surtourisme. Or le marché change. Les opérateurs culturels l’ont compris et sont en demande d’innovation. L’objectif est à présent de créer des souvenirs forts, des moments uniques. Ce que nous réalisons atteint cela. Nos créations immersives réalisent un bon équilibre entre la médiation culturelle et le divertissement. Ce curseur séduit y compris le jeune public. » Pour l’entreprise, ces spectacles clés en main, parfois gérés jusqu’à l’exploitation directe, offrent une grande liberté artistique aux équipes, doublée d’une meilleure rentabilité. Avec cette double visibilité, Orpheo réalise une croissance soutenue et renforce son positionnement par croissance externe. 

    E. Ballery

    Infos clés

    • Solutions d’audioguides et expériences immersives
    • Implantations : 12 filiales dans le monde, 40 pays couverts
    • CA : 30 M€ (plus de 50 % à l’international)
    • Effectif : 150 personnes
       

    A savoir

    • En quinze ans, la société est passée de 40 à 150 personnes, et de 5 à 30 M€ de chiffre d’affaires
  • A table 16 septembre 2026

    Le Bellini, al dente…

    Avec le Gaudi, on était à Barcelone. Avec le Bellini, on se retrouve à Venise. En reprenant l’une des tables les plus emblématiques de la gastronomie grenobloise,...

    Avec le Gaudi, on était à Barcelone. Avec le Bellini, on se retrouve à Venise. En reprenant l’une des tables les plus emblématiques de la gastronomie grenobloise, Charles-Henri Ducret, qui n’est pas né Chavant pour rien et qui connaît sa restauration sur le bout de la carte, a eu une idée inattendue : ouvrir à Grenoble un nouveau restaurant italien. Dans une ville qui en regorge, le pari était risqué. Mais, loin de toute pizzeria traditionnelle ou de toute trattoria de base, il a choisi un concept qui, lui, faisait jusqu’ici défaut : un restaurant de classe. On serait même tenté de dire, de luxe, susceptible de donner justement une autre idée de la table italienne. 

    L’enseigne le dit bien qui, avec Bellini, conjugue le plus talentueux des maîtres de l’opéra italien et le plus raffiné des cocktails vénitiens. Et le décor le dit aussi qui, reprenant pour l’identité graphique un logo inspiré d’un personnage créé par les verreries de Murano, mais redessiné jusque sur la paroi du plafond à la manière de Jean Cocteau, joue des murs pistache, de la moquette vert et rose, des banquettes cossues, des chaises tapissier, des tables de marbre, des bois et des dorures, pour donner au cadre intérieur un côté à la fois chaleureux et élégant. Que prolonge en extérieur une terrasse à l’italienne, sur une piazzetta que rafraîchit le jet léger d’une fontaine. 

    Toutes les saveurs et les senteurs transalpines 

    Et il en va de même en cuisine et dans les assiettes. Aux fourneaux, la garantie d’authenticité est assurée par Franco Romeo, Italien pure souche originaire des Pouilles, que Charles-Henri Ducret est allé chercher en Corse, à Propriano, où il exerçait, pour le ramener de ce côté-ci des Alpes. Et la façon dont celui-ci conçoit sa carte est à elle seule tout un programme, qui respire les saveurs et les senteurs transalpines : des antipasti à partager, des pasta à toutes les sauces – penne arrabiata, linguine alle vongole, fregola sarda et de charnus gnocchis maison aux poulpes et crevettes, dans une onctueuse sauce à la tomate saupoudrée de parmesan à la râpe. Et des secondi aussi variés que surprenants, d’un risotto aux calamars à la bisque de homard et au parfum de fenouil à un médaillon de cabillaud farci de gambas, infusé à la bergamote et parfumé d’une crème citronnée. Sans oublier la pyramide tout en couleurs et légèretés croquantes d’un fritto misto qui dresse dans l’assiette une sorte de tour de Pise de crevettes, poulpes et gambas, couronnés de fines lamelles frites de carottes et de courgettes, et arrosés d’une mayonnaise aux herbes odorantes. Pour finir, les dolce n’en finissent pas d’offrir toutes les douceurs possibles, à l’image d’un Finger chocolat à l’amarena parsemé de noisettes du Piémont. Le tout accompagné d’un nero d’Avola, rosé pour la fraîcheur, et d’un expresso noisette, pour la dernière et fine bouche. Bellini, ou la tentation de Venise… 

    J. Serroy

    Infos clés

    Le Bellini – 5, cours Berriat – 38000 Grenoble

    04 76 26 96 48 – bellini@maisons-ducretchavant.fr

    Ouvert toute la semaine de midi à 14 h et de 19 à 22 h. Fermé le dimanche.
     

  • Accueil 16 septembre 2026

    Vulkam, itinéraire d’un chercheur devenu chef d’entreprise

    En tant que directrice du pôle Expertises de Linksium, Christine Vaca a accompagné de nombreux créateurs d’entreprise innovante. Vulkam fait figure de cas d’école. «...

    En tant que directrice du pôle Expertises de Linksium, Christine Vaca a accompagné de nombreux créateurs d’entreprise innovante. Vulkam fait figure de cas d’école. « C’est une trajectoire remarquable et sans accroche, ce qui ne signifie pas sans effort. » Elle met aussi en avant le « leadership intuitif » de son dirigeant. Diplômé de l’École normale supérieure Paris-Saclay, agrégé de conception mécanique et docteur en métallurgie, Sébastien Gravier a fondé Vulkam en décembre 2017 au côté d’Alexis Lenain, également docteur en métallurgie, sur la base de plus de trente années de recherche menée au laboratoire de sciences et ingénierie des matériaux et des procédés (SIMaP), à Grenoble. L’entreprise développe et fabrique des métaux amorphes, des alliages innovants destinés à des industries de pointe. Après une première partie de carrière dans la recherche, Sébastien Gravier a franchi le pas. « C’était un choix de vie. L’aventure est jalonnée de moments d’enthousiasme et de doute, et à ces moments il est important de ne pas être seul. » À ses côtés depuis le début, la SATT Linksium a joué un rôle déterminant, d’abord à travers deux années de maturation, puis d’incubation. « Un chercheur se met beaucoup de barrières psychologiques sur l’entrepreneuriat. La maturation permet de découvrir progressivement ce monde, de vérifier à tout moment ses motivations. » 

    Aligner les planètes pour changer d’échelle 

    Pour Sébastien Gravier, le principal défi n’est pourtant pas technique. « Un chercheur possède les capacités intellectuelles pour devenir entrepreneur. Ce qui change, c’est le savoir-être : apprendre à décider, à embarquer une équipe, à représenter son entreprise. » Autant de qualités qui se révèlent au fil de l’accompagnement ou qui conduisent certains chercheurs à s’associer avec un profil de dirigeant aguerri. L’entreprise a depuis sa création enchaîné les étapes : lauréate du concours i-Lab en 2017, deux levées de fonds en 2020 puis en 2023, industrialisation et développement commercial… Une progression exemplaire d’après Christine Vaca, « nourrie par la personnalité de Sébastien Gravier et la relation de confiance construite très tôt avec les investisseurs ». 

    Aujourd’hui, la société emploie une quarantaine de collaborateurs et vient de changer d’échelle avec l’emménagement dans un nouveau site de production de 2 800 m², représentant 15 M€ d’investissements, au Versoud. Destinés à concrétiser la montée en puissance de ses capacités industrielles, ces locaux répondent à la demande de marchés aussi stratégiques que l’horlogerie, la défense ou encore l’outillage de précision. Aux chercheurs qui hésitent encore à se lancer, Sébastien Gravier adresse un message sans détour : « Si vous avez l’esprit d’aventure, il faut y aller. L’écosystème grenoblois offre un accompagnement qui permet d’avancer étape par étape. Et même si tout ne fonctionne pas du premier coup, l’expérience reste exceptionnelle. »

    V. Perrenot

  • Experts 15 septembre 2026

    Jean-Yves Claverie : Prudence et résilience pour les mois à venir

    Quelle principale tendance se dessine au cours de ce premier semestre 2026 ?

    Les données fournies par l’enquête de juin font ressortir une résilience globale, en dépit des...

    Quelle principale tendance se dessine au cours de ce premier semestre 2026 ?

    Les données fournies par l’enquête de juin font ressortir une résilience globale, en dépit des chocs survenus depuis fin février avec le blocage du détroit d’Ormuz. Le dénominateur commun, toutes branches confondues, est la stabilité des effectifs. Les chefs d’entreprises ne prévoient dans l’ensemble pas de recrutement, dans un contexte chargé d’incertitudes, entre le conflit au Moyen Orient, les tensions géopolitiques et les élections présidentielles de 2027. 

    Quelles sont les évolutions plus fines qui se dégagent, par secteur ?

    Les entreprises industrielles indiquent avoir limité les hausses de prix dans l’ensemble afin de rester compétitives, en dépit de l’augmentation du coût des matières premières qui touche toutes les activités. À cela s’ajoute la hausse du prix du pétrole et ses conséquences, notamment sur le coût du transport des marchandises. Les carnets de commandes ont conservé une bonne dynamique depuis le début de l’année, plus marquée dans les produits informatiques et électroniques, portés par des commandes liées à la création de nombreux data center aux États-Unis. Le taux d’utilisation des capacités de production se situe ici au plus haut niveau depuis juillet 2023, proche de 77%. Les chefs d’entreprise interrogés dans notre enquête tablent sur une croissance d’activité pour les prochaines semaines. La situation apparaît plus dégradée dans les services marchands, notamment pour la restauration, confrontée à l’augmentation du prix des denrées et aux canicules successives, qui ont entraîné une baisse de la fréquentation. Une tendance que les professionnels ont vue se maintenir pendant tout l’été. 

    La construction envisageait un rebond, certes prudent, en 2026. Qu’en est-il ?

    Le secteur a connu une embellie en juin dans le second œuvre, en raison de la forte demande d’installations de climatiseurs. Les entreprises de gros œuvre ont quant à elles été confrontées à une baisse d’activité au cours du deuxième trimestre. Les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient ont pesé sur leur trésorerie, et elles ont dû rogner sur leurs marges pour éviter de répercuter la hausse des prix des matières premières, alors même que les carnets de commandes se creusaient. À cela s’ajoutent l’inertie de la commande publique, ralentie par la situation des finances publiques, et les canicules qui entraînent des retards sur les chantiers. Cette tendance devrait se maintenir dans les prochaines semaines. 

    Quels sont les principaux indicateurs à observer ? 

    L’objectif est toujours la lutte contre l’inflation. Nos prévisions n’avaient pas intégré une tendance haussière des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Notre scénario de base tablait aussi sur un prix moyen du baril à 83 $ sur 2026. Le premier point de vigilance demeure la situation au Moyen-Orient et ses impacts. 

    A. Fourney

  • Accueil 15 septembre 2026

    Lynred ouvre 100 recrutements immédiats

    Le 2 juin, à l’occasion des 40 ans de l’entreprise, Lynred inaugurait son Campus de l’infrarouge, à Veurey-Voroize. Ce projet industriel, soutenu par un investissement...

    Le 2 juin, à l’occasion des 40 ans de l’entreprise, Lynred inaugurait son Campus de l’infrarouge, à Veurey-Voroize. Ce projet industriel, soutenu par un investissement de 100 M€ de ses deux actionnaires, Thales et Safran, s’est traduit par l’extension de 4 000 m2 des superficies de salles blanches, permettant de doubler les capacités de production du site. « Lynred a construit de nouvelles salles blanches en anticipant une demande très dynamique au niveau mondial, précise Hervé Bouaziz, son président. Notre portefeuille produits couvre toute la gamme de l’offre en détecteurs infrarouges, des marchés de spécialité aux applications à fort volume. Et les développements de l’intelligence artificielle, des drones et antidrones, de la robotique, de l’automobile – où les caméras alimentées par l’IA devront demain identifier obstacles et piétons – tirent les besoins mondiaux. Avec 80 % de notre chiffre d’affaires réalisé à l’export, nous serons au rendez-vous de cette croissance. » Le dirigeant fait état d’une hausse de volume et d’activité comprise entre 10 et 15 % en 2026, appelée à se prolonger sur 2027 au vu des carnets de commandes. 

    Accompagner la montée en cadence

    La centaine de postes ouverts en septembre constitue une première vague de recrutements, avec des prévisions d’embauches supplémentaires en 2027. Les profils concernent avant tout des opérateurs de production, des techniciens (en maintenance, support, test…) ainsi que des ingénieurs et cadres en électro-optique ou électronique, pour assurer le fonctionnement des nouvelles lignes de production. Des fonctions support (achats, qualité, supply chain…) sont aussi recherchées. L’entreprise ne cible pas que des profils expérimentés : « Nous pouvons intégrer des jeunes sans expérience ou des personnes non qualifiées, grâce à nos programmes de formation internes », précise Marine Saint-Jalmes, DRH de Lynred. La localisation du site en région grenobloise constitue un atout supplémentaire compte tenu du périmètre de recrutement, de Grenoble à Lyon, en passant par Voiron ou Valence. À quoi vient s’ajouter un écosystème riche en entreprises industrielles, en centres de formation (INPG, UGA…) et en partenaires clés (Udimec, Medef, CCI de Grenoble, CEA-Leti, France Travail). Pour attirer de nouveaux talents, Lynred souligne l’attractivité du nouveau campus sur un site végétalisé, l’adaptabilité et la flexibilité des horaires. Mais aussi le sens que représente la participation à une « industrie de souveraineté », insiste Hervé Bouaziz. « Nous maîtrisons de A à Z des technologies françaises et européennes, dans un contexte de haute compétition et de réarmement des nations. » 

    E. Ballery

  • Industrie 15 septembre 2026

    Micro Technic, le pari de la spécialisation

    Spécialisée dans l’usinage de haute précision, Micro Technic a changé de dimension depuis sa reprise par Lucio Maggio en 2011. L’entreprise, qui emploie aujourd’hui...

    Spécialisée dans l’usinage de haute précision, Micro Technic a changé de dimension depuis sa reprise par Lucio Maggio en 2011. L’entreprise, qui emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés, vise un chiffre d’affaires de 12 M€ en 2026, contre 8,6 M€ en 2025. Cette forte progression est notamment portée par un marché exceptionnel à l’export, représentant plus d’un an de chiffre d’affaires dans le domaine des dispositifs médicaux. Pour répondre à cette montée en charge, l’entreprise a investi 1,5 M€ cette année dans de nouveaux centres d’usinage, des cellules robotisées et le recrutement de six collaborateurs. « Nous avons dû accélérer nos investissements pour accompagner cette croissance », explique Lucio Maggio, directeur général de la société. 

    Mais cette réussite est le fruit d’une stratégie poursuivie depuis plus de quinze ans. Micro Technic investit régulièrement entre 500 k€ et 1 M€ par an dans son outil industriel afin de disposer d’équipements de dernière génération. À cette modernisation s’ajoute l’intégration progressive de procédés complémentaires (électroérosion, rectification, traitement de surface, équilibrage ou encore rodage) qui permettent de réaliser des pièces complexes de A à Z. Cette maîtrise de l’ensemble de la chaîne de fabrication constitue l’un des principaux facteurs de différenciation de l’entreprise et lui permet de répondre à des cahiers des charges particulièrement exigeants, notamment dans le domaine médical. 

    Un savoir-faire ancré dans le territoire 

    Si le médical représente désormais près de 70 % de son activité, Micro Technic intervient également dans les semi-conducteurs et la défense, deux autres secteurs où la précision, la qualité et la traçabilité sont essentielles. Les certifications imposées par ces marchés constituent de véritables barrières à l’entrée et renforcent la valeur ajoutée du savoir-faire développé par l’entreprise. 

    Pour son dirigeant, cette réussite est aussi indissociable de l’écosystème grenoblois. Micro Technic travaille avec de nombreux acteurs régionaux du médical, de la microélectronique et de l’aéronautique, qui représentent près de 40 % de son chiffre d’affaires. « C’est avec cet environnement que nous avons développé notre activité », souligne Lucio Maggio. 

    Le principal défi n’est d’ailleurs plus commercial : il est humain. « Aujourd’hui, notre difficulté n’est pas de trouver des marchés, mais des techniciens qualifiés. » Dans un métier où l’expérience reste déterminante pour usiner des pièces au micron près, préserver les formations techniques et transmettre les savoir-faire apparaissent comme une condition essentielle pour maintenir la compétitivité de l’industrie française. Un enjeu d’autant plus stratégique que les marchés du médical, des semi-conducteurs et de la défense continuent d’offrir de fortes perspectives de développement.

    L. Marty

  • Accueil 15 septembre 2026

    L’ancrage de SGH Medical Pharma se renforce

    Le nom de Stiplastics demeure bien connu dans le paysage industriel isérois. Mais depuis son intégration à SGH Medical Pharma, en 2019, le site de Saint-Marcellin s’inscrit...

    Le nom de Stiplastics demeure bien connu dans le paysage industriel isérois. Mais depuis son intégration à SGH Medical Pharma, en 2019, le site de Saint-Marcellin s’inscrit dans une stratégie plus large. Devenu le siège d’un groupe spécialisé dans les dispositifs médicaux plastiques destinés aux industries pharmaceutiques, du diagnostic et des sciences de la vie, il participe aujourd’hui à une croissance soutenue. SGH Medical Pharma compte désormais 350 salariés, réalise près de 50 M€ de chiffre d’affaires et exporte la moitié de sa production dans une cinquantaine de pays. 

    Face à la succession des crises (flambée des coûts de l’énergie, tensions sur les matières premières, inflation ou incertitudes géopolitiques), le groupe a choisi de diversifier ses marchés et son offre. « Plus on diversifie ses revenus, plus on réduit son exposition aux risques », résume son PDG, Olivier Derouard. Cette stratégie s’appuie à la fois sur un développement commercial à l’international et sur le lancement régulier de nouveaux dispositifs médicaux, notamment des systèmes de dosage et d’administration du médicament. 

    Investir et former localement 

    Mais si l’entreprise regarde vers le monde, elle reste profondément attachée à son implantation iséroise. « Nous bénéficions ici d’un bassin de compétences techniques exceptionnel », souligne le dirigeant. Il met en avant la qualité des fournisseurs, la densité du tissu industriel régional et le rôle des partenaires de l’écosystème. Autant d’atouts qui permettent au groupe de poursuivre son développement depuis Saint-Marcellin. 

    Cet ancrage local se traduit aussi par des investissements soutenus. Le groupe consacre près de 3 M€ par an à ses projets de développement industriel et d’innovation. À cela s’ajoutent des investissements stratégiques, comme les 5 M€ engagés en 2024 dans un nouvel atelier de production 4.0 et les 3,5 M€ consacrés en 2026 à l’extension de son site de Saint-Marcellin. L’entreprise poursuit en parallèle l’automatisation de ses procédés, développe de nouveaux outils numériques et accélère sa feuille de route en matière de décarbonation. Pour Olivier Derouard, cet écosystème industriel reste néanmoins fragile. Il s’inquiète notamment de la diminution des formations techniques et des difficultés croissantes à recruter des opérateurs et des techniciens qualifiés. SGH Medical Pharma a donc renforcé ses propres dispositifs de formation interne et de montée en compétences. Un enjeu majeur, selon lui, pour préserver durablement la compétitivité de l’industrie française et continuer à faire de l’Isère une terre d’industrie. 

    L. Marty

  • Accueil 15 septembre 2026

    L’ambition de Kercia : devenir leader du vote électronique

    Spécialisée dans le vote électronique, Kercia a emménagé en début d’année dans de nouveaux locaux au sein d’Inovallée Meylan. La société occupe désormais un...

    Spécialisée dans le vote électronique, Kercia a emménagé en début d’année dans de nouveaux locaux au sein d’Inovallée Meylan. La société occupe désormais un plateau de 800 m² au cinquième étage du Binôme, un immeuble neuf de 7 000 m². Un cadre à la mesure de ses objectifs : l’entreprise, qui compte plus de 70 salariés, espère atteindre un chiffre d’affaires de 10 M€ en 2026. « D’ici la fin de l’année, nous devrions être 90 collaborateurs, indique Victor Granger, cofondateur de Kercia. Nous visons une centaine de collaborateurs et une activité de 15 M€ en 2027. » Avec 6 000 à 7 000 clients répartis dans toute la France, Kercia mise sur le cycle électoral professionnel pour accélérer son développement. Entre 2026 et 2027, ce sont en effet 80 % des entreprises de plus de 11 salariés qui renouvelleront leur CSE. Et le 10 décembre prochain marquera une échéance majeure : l’ensemble des agents publics éliront leurs nouveaux représentants aux comités sociaux, commissions administratives paritaires et commissions consultatives paritaires. 

    Une politique RSE structurée 

    Pour s’imposer comme leader du secteur, Kercia a renforcé son axe RSE. L’entreprise vient aussi de décrocher la certification ISO 27001, qui encadre la cybersécurité, la protection des données et le management des systèmes d’information. « Nous avons travaillé plus d’un an et demi pour l’obtenir et sommes le seul prestataire du vote électronique à détenir cette labellisation », souligne fièrement Victor Granger. Kercia a également décroché la médaille d’argent EcoVadis, qui récompense sa démarche environnementale et sociale : un comité RSE a été créé en interne, avec des référents dans chaque équipe, chargés notamment de veiller au bien-être au travail. 

    Pourquoi un tel investissement ? « Parce que cela fait partie de nos valeurs, répond Victor Granger. Nous sommes une entreprise humaine et nous voulons que nos salariés se sentent bien ici. » Mais l’enjeu est aussi commercial : dans les appels d’offres des mutuelles et des collectivités, la démarche RSE pèse de plus en plus dans la balance. « Elle peut représenter entre 5 et 20 % de la notation », relève le cofondateur de Kercia. 

    C. Le Goff

    Infos clés

    • Spécialiste du vote électronique
    • 70 salariés
    • CA prévu en 2026 : 10 M€

    A savoir

    • Kercia compte plus de 300 clients en Isère, dont des collectivités locales.
  • Accueil 15 septembre 2026

    Teleportour se projette dans la quatrième dimension

    L’idée est survenue pendant la crise du Covid. Quand les mesures sanitaires imposaient une restriction des déplacements pendant les confinements successifs, Stanislav...

    L’idée est survenue pendant la crise du Covid. Quand les mesures sanitaires imposaient une restriction des déplacements pendant les confinements successifs, Stanislav Stepanov a imaginé la possibilité de voyages virtuels, destinés à toute personne empêchée de voyager. Des images filmées grâce à des caméras d’action fixées sur des drones fournissent une vue à 360 degrés avec une qualité très élevée, jusqu’à 16 k (fichier numérique affichant une définition haute résolution de 15360 ×8640 pixels au format 16/9, soit environ 132,7 millions de pixels). Ce concept a séduit le Tarmac, l’incubateur de start-up à Meylan, où la société Teleportour se développe depuis 2021. Depuis, la jeune pousse se place à la pointe des technologies de vidéo en haute définition en trois, voire en quatre dimensions. Ses domaines d’application sont vastes : cinéma, tourisme, construction, spectacle, immobilier, etc. 

    © Teleportour
    © Teleportour

     

    Une technologie développée par l’Inria 

    « Je me concentre maintenant sur l’usage de la 3DGS [pour 3D Gaussian Splatting, ndlr], encore plus performante que les images filmées en 360 degrés. Elle offre une expérience immersive plus large que la réalité virtuelle, explique Stanislav Stepanov. Nous procédons pour cela à des scans d’un sujet en 3D, avec pour résultat une capture plus précise. Nous voulons désormais passer à la 4DGS, qui capture un sujet en volume et en mouvement, ce qui permet de le placer ensuite dans un autre environnement avec un rendu hyperréaliste. » 

    Stanislav Stepanov et ses collaborateurs adaptent leur approche et leurs équipements selon le projet. « Nous nous définissons comme un petit laboratoire de R&D », résume-t-il. Teleportour assure la pré et la post-production, se concentre sur le marché de la production de films et vidéos. « La 4DGS est révolutionnaire pour les tournages, car, outre sa qualité d’image, elle évite de transporter équipes et matériel. » 

    A. Fourney

    Infos clés

    Expert en vidéos 360°, 3DGS et 4DGS

    Tarmac, Meylan

    1 personne et collaborateurs externes

    CA 2025 : 50 k€

  • Accueil 15 septembre 2026

    Orioma, le capteur qui traque les gaspillages d’énergie

    Dans les bâtiments tertiaires, chauffage, climatisation et éclairage continuent souvent de fonctionner alors même que les locaux sont inoccupés. C’est à ce gaspillage...

    Dans les bâtiments tertiaires, chauffage, climatisation et éclairage continuent souvent de fonctionner alors même que les locaux sont inoccupés. C’est à ce gaspillage énergétique que la société Orioma s’attaque. Installée à Moirans, la start-up fondée par Serdar Manakli, ancien chercheur du CEA, a développé LOBX, un capteur IoT autonome en énergie capable d’analyser en temps réel l’occupation des espaces, la température, la luminosité ou encore certains échauffements anormaux. « Nous ne prenons jamais d’images exploitables. Elles sont traitées directement dans le capteur puis immédiatement effacées. La confidentialité des occupants est garantie », souligne le dirigeant.

    L’originalité de LOBX tient aussi à son autonomie. Alimenté par des cellules photovoltaïques fonctionnant avec la lumière intérieure, le capteur ne nécessite ni câblage ni maintenance pendant quinze ans. Relié à sa plateforme Orioconnect ou aux systèmes de gestion technique des bâtiments, il pilote automatiquement chauffage, climatisation et éclairage en fonction de la présence réelle des occupants, avec à la clé jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.

    Cap sur l’industrialisation

    Après plusieurs années de R&D menées avec le CEA, le CNRS et le laboratoire TIMA*, Orioma est entrée en phase de commercialisation. Une vingtaine de sites ont déjà été équipés cette année et la jeune pousse ambitionne de dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires en 2026. Ses capteurs, fabriqués intégralement en Auvergne-Rhône-Alpes, sont déjà déployés en France, mais aussi au Japon, en Corée du Sud et en Côte d’Ivoire.

    Pour accompagner cette montée en puissance, le groupe Huelco, auquel appartient Orioma, a levé 2,5 M€, dont plus de 80 % seront consacrés au développement de la start-up. Objectifs : renforcer la production, recruter et préparer une nouvelle étape de croissance à l’international. 

    L. Marty 

    * CNRS/UGA/Grenoble INP.

  • Accueil 14 septembre 2026

    Une hausse des défaillances préoccupante

    Après un an de mandat, quel regard portez-vous sur votre fonction ? 

    Philippe Pasteur : J’ai pu découvrir le nombre très important de décisions à prendre et toute...

    Après un an de mandat, quel regard portez-vous sur votre fonction ? 

    Philippe Pasteur : J’ai pu découvrir le nombre très important de décisions à prendre et toute l’étendue des pouvoirs du président, dans la désignation d’experts, la recherche de preuves, et dans le domaine de la prévention. Ce sujet est au cœur de mon engagement. La loi prévoit des procédures confidentielles, avant la cessation de paiements, qui relèvent directement de ma compétence. Depuis un an, j’ai mis l’accent sur l’information auprès des organisations patronales pour dire aux dirigeants : « N’ayez pas peur, le tribunal est là pour vous aider. » C’est un point essentiel, car statistiquement, 85 % des entreprises qui s’adressent à nous en prévention sont sauvées. 

    Les défaillances ont augmenté de 5,5 % en France au premier semestre 2026. Comment analysez-vous cette conjoncture ? 

    Un indicateur m’alerte particulièrement : les retards de paiement. Ils créent un effet domino catastrophique sur les trésoreries des petites structures. Nous constatons une augmentation de 10 % des injonctions de payer sur le premier semestre, soit 780 dossiers de contentieux. Ces retards sont trop souvent le fait de grandes entreprises, et même de l’État, qui paie bien sûr, mais avec des délais trop longs. Un autre signal est le non-dépôt des comptes, qui cache souvent des difficultés. Nous convoquons alors les dirigeants pour comprendre ce qui se passe et voir comment les soutenir. 

    Quels sont les secteurs les plus touchés par des difficultés sur le bassin grenoblois ? 

    Le BTP reste en première ligne, notamment à cause des difficultés des donneurs d’ordre qui répercutent la pression sur leurs sous-traitants. Mais le secteur le plus inquiétant est le transport routier de marchandises. Les volumes manquent. Cela peut sembler paradoxal avec l’essor de l’e-commerce, mais les plateformes internationales privilégient de grands circuits européens de livraison, qui échappent aux entreprises françaises, moins compétitives du fait du poids des charges. Le secteur des cafés, hôtels et restaurants, notamment en centre-ville de Grenoble, est aussi sinistré. Les problématiques du coût du stationnement et d’insécurité ont fini par détourner les clients. Un autre domaine d’activité en souffrance, inattendu, est celui des pharmacies, et même des cliniques privées. Or la disparition des pharmacies dans les petites communes menace l’accès aux soins. 

    Les chiffres des défaillances sont aussi très élevés pour les entreprises individuelles et les autoentrepreneurs. Comment l’expliquez-vous ? 

    Les immatriculations d’entreprises individuelles ont bondi de 34 %, mais nous observons en parallèle une hausse de 31 % des liquidations judiciaires simplifiées. Il existe donc un phénomène de vases communicants. Beaucoup de personnes se lancent par opportunité, par exemple après une rupture conventionnelle, puis elles découvrent finalement qu’elles n’ont pas la fibre d’un gestionnaire et d’un entrepreneur. Ces dirigeants se retrouvent vite noyés. Souvent, ils nous disent en audience : « Je veux juste redevenir salarié. » Ce sont d’excellents professionnels, mais ils s'aperçoivent qu'ils ne peuvent assurer une direction d’entreprise". 

    Grenoble, terre d’innovation, a aussi vu monter les difficultés de start-up industrielles… 

    Oui, c’est un fait nouveau et un vrai sujet de préoccupation. Nous voyons de plus en plus de start-up qui, après quatre ou cinq ans de développements, ne réalisent pas encore de chiffre d’affaires et voient les subventions ou leurs financements privés se tarir. Le risque est alors la disparition pure et simple de l’entreprise ou un rachat de la propriété intellectuelle par des intérêts étrangers, notamment chinois ou américains. En tant que juge, je reste très vigilant sur le potentiel parfois fantastique de ces projets de R&D qui n’ont pas encore trouvé leur marché. Si un repreneur étranger veut juste capter des brevets, développés avec nos impôts, pour acquérir à vil prix ces actifs et délocaliser l’activité, nous préférons prononcer une liquidation plutôt que céder à un prix dérisoire. Nous alertons bien sûr dans ce cas les autorités de l’État. C’est une façon de protéger la souveraineté et les intérêts supérieurs de la Nation. 

    Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux dirigeants qui hésitent à franchir le pas ? 

    Il faut absolument désacraliser l’accès au tribunal de commerce. Nous sommes des juges élus, bénévoles, et nous-mêmes des chefs d’entreprise. La prévention – mandat ad hoc ou conciliation – est aussi strictement confidentielle. Ni les salariés ni les représentants de l’entreprise ne sont au courant. C’est une protection que la loi offre pour négocier des délais bancaires ou restructurer une dette. Je ne cesse donc de répéter ce même message auprès des dirigeants : n’attendez pas d’être en cessation de paiements. Dès qu’un premier voyant s’allume, venez nous voir. Notre porte est ouverte. 

    E. Ballery

    A savoir

    Le tribunal de commerce est un levier pour la continuation d’activité, pas une instance de sanction.

    Les retards de paiement créent un effet domino catastrophique sur les trésoreries des petites structures. 

  • Accueil 14 septembre 2026

    Reprise de Gignoux : la marque toujours au sommet

    Antoine Oui ne cherchait pas seulement une entreprise à reprendre. Il espérait un projet qui réunisse le sport, la chaussure - son terrain de jeu depuis 24 ans chez Amer...

    Antoine Oui ne cherchait pas seulement une entreprise à reprendre. Il espérait un projet qui réunisse le sport, la chaussure - son terrain de jeu depuis 24 ans chez Amer Sports -, l’innovation, et une équipe à taille humaine. Autant de critères réunis chez Pierre Gignoux, pionnier de la chaussure carbone de ski de randonnée implanté à Saint-Martin-d’Uriage. Depuis juillet 2026, après le passage de témoin du fondateur historique, Antoine Oui dirige donc la PME de 12 salariés en maintenant les valeurs d’innovation, de fabrication locale et de développement raisonné. À l’image de la chaussure de ski de randonnée « Mountain », lancée en 2020. Après avoir bâti sa réputation avec les Race Pro, des chaussures de compétition ultra-légères, Gignoux vise ici un public plus large : des pratiquants de « ski touring », qui recherchent avant tout le plaisir et la performance en montagne. « Avec ses 740 grammes, chausson compris, la Mountain a été conçue pour offrir davantage de confort à la descente, tout en conservant la légèreté et la liberté de mouvement indispensables à la montée. La chaussure est produite intégralement en France : le travail du carbone et le moulage sont réalisés dans l’atelier de Saint-Martin-d’Uriage, l’usinage dans la vallée et les cordelettes auprès d’un fournisseur régional. » Une approche récompensée en 2022 par le French Outdoor Award de l’innovation. Avec une production d’environ 1 000 paires par an, Gignoux s’inscrit dans une activité de niche. Antoine Oui souhaite néanmoins faire évoluer progressivement la marque : « L’objectif est notamment d’élargir l’offre vers le textile et les accessoires. Mais aussi d’explorer de nouvelles pratiques estivales, comme le trail et plus largement l’outdoor. » Un domaine que Gignoux connaît déjà bien : les 20 derniers vainqueurs de l’UTMB ont été équipés par la marque. 

    V. Perrenot

  • Accueil 14 septembre 2026

    Quatre start-up accueillies au Village by CA Sud Rhône Alpes

    Pairfs, Ghostmatter, Zelinqa et Sensouvenir sont les quatre nouvelles start-up qui ont intégré le programme d’accélération du Village by CA Sud Rhône Alpes. Dans le...

    Pairfs, Ghostmatter, Zelinqa et Sensouvenir sont les quatre nouvelles start-up qui ont intégré le programme d’accélération du Village by CA Sud Rhône Alpes. Dans le sport, Pairfs, dirigée par Pierre Jallon, développe des capteurs de gaz permettant d’analyser la respiration des athlètes simplement, hors des laboratoires spécialisés. Ghostmatter s’attaque de son côté aux contraintes du stockage industriel en transformant les pièces critiques en jumeaux numériques, réimprimables ou refabricables à la demande. Avec Zelinqa, l’intelligence artificielle apprend à mieux questionner sa technologie « Question-First » identifie les informations manquantes avant de répondre, pour limiter les erreurs et les hallucinations. Enfin, Sensouvenir, fondée par Vanessa Larue, explore les liens entre sensations, émotions et mémoire à travers des dispositifs immersifs mêlant image, son et olfaction. Avec ces 4 profils très différents, le Village by CA Sud Rhône Alpes revendique sa diversité. Les 13 start-up actuellement accompagnées à Grenoble bénéficient d’un écosystème qui s’appuie sur une vingtaine de partenaires locaux. Installé sur 2 100 m² au cœur de la presqu’ile grenobloise, le Village a déjà accompagné 44 alumni depuis 2017. 

    V. Perrenot

  • Accueil 14 septembre 2026

    Minitubes fait battre le cœur du monde

    Comment votre parcours a-t-il rencontré celui de Minitubes ? 

    Matthieu Porte : C’est mon arrière-grand-père Constantin Szmukler qui a fondé l’entreprise en 1932....

    Comment votre parcours a-t-il rencontré celui de Minitubes ? 

    Matthieu Porte : C’est mon arrière-grand-père Constantin Szmukler qui a fondé l’entreprise en 1932. Polonais d’origine, il est venu à Grenoble pour obtenir son diplôme d’ingénieur électricien. Il est resté pour l’amour d’une Grenobloise et des montagnes. L’une de ses sociétés est devenue Minitubes, une autre a été cédée dans les années 1950 à Becton Dickinson, avec le succès que l’on connaît dans les seringues. Mon oncle Philippe Poncin, petit-fils du fondateur, a dirigé Minitubes de 1980 à 2021. Avant son départ, il a sollicité la quatrième génération de cousins, et Julien et moi avons à l’appel. Tous deux ingénieurs de formation – Julien est spécialisé en finances ; moi, en management et industrialisation –, nous sommes rentrés en 2021, l’un de Singapour, l’autre du Japon, pour reprendre l’entreprise. Nous sommes ravis d’être deux, chacun avec sa personnalité. 

    Avec d’emblée l’extension de l’entreprise à mener à bien ? 

    MP : Ce projet a été lancé en 2019 et mis en pause pendant le Covid. Minitubes réalise en effet 90 % de son activité dans la santé, pour deux grands types d’applications : les implants vasculaires, ou stents, réalisés à partir de tubes d’un diamètre compris entre 1 et 3,5 microns ; et les tubes pour valves cardiaques, un organe très sensible de la valve. Un stent sur deux posés dans le monde est issu de notre fabrication. Compte tenu de l’allongement de la durée de vie, mais aussi d’un plus grand nombre de pays en mesure d’offrir des soins de très bonne qualité, Minitubes connaît une croissance forte, comprise entre 10 et 15 % par an. Cette extension, très intense en capital, consistait à ajouter 8 000 m2 aux 18 000 m2 existant à Technisud pour doubler nos capacités de production. Le Covid a quelque peu déplacé les urgences de santé. Nous avons pris le temps de réinterroger nos clients partenaires, et le projet a été relancé dès 2021. Une bonne décision, compte tenu de l’augmentation du prix des matériaux et de l’énergie qui a suivi, en 2022. 

    Vous travaillez à plus de 90 % à l’international avec une fabrication 100 % grenobloise. Comment faites-vous perdurer ce modèle ? 

    MP : Minitubes exerce un métier de spécialité, sur des marchés de niche. Il n’existe que trois sociétés capables de produire des tubes pour stents à ce niveau de qualité, de fiabilité et de répétabilité. Dans un appel d’offres lancé aux États-Unis pour une valve cardiaque, nous avons été la seule entreprise à répondre aux spécifications attendues. À l’inverse des tendances où la Chine vend au monde sa production, le marché chinois représente 11 % de notre activité. Chaque jour, Minitubes s’attache à repousser les limites des technologies pour conserver une longueur d’avance. Un tube peut résulter de 130 opérations de traitement et d’étirage à froid, qui deviennent des recettes de fabrication. Nous allons jusqu’à concevoir et fabriquer nos propres machines. Nos produits utilisent jusqu’à 100 alliages de métaux, ce qui est énorme… Tout ceci résulte de l’expérience accumulée par quatre générations d’hommes et de femmes dans l’entreprise. 

    Un ADN qui se transforme ? 

    MP : L’humain, dans nos métiers de savoir-faire, est toujours au cœur de l’activité. L’ancienneté moyenne est de huit ans, un chiffre en partie biaisé, car 150 personnes sont entrées en cinq ans. Nos convictions s’incarnent à présent dans une stratégie RSE volontariste. L’effectif féminin progresse (38 %). Il comprend aussi plus de 20 nationalités. Notre extension, en plein périmètre ZFE, a été réalisée en créant le plus grand toit végétalisé de Grenoble, et plus de 250 personnes utilisent les modes de transport doux, avec des incitations à y recourir. Mais malgré ces efforts, nous manquons toujours sur Technisud de places de parking… Une autre priorité consiste à réduire notre empreinte carbone. Près de 30 % des émissions sont liées aux métaux, ce qui signifie que nous devrons accroître le recyclage en lien avec nos fournisseurs. Une petite équipe a pris aussi en main le chantier de l’intelligence artificielle. Sur de grands sujets de transformation, nous pouvons bénéficier des apports du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire. Minitubes est aussi pleinement investie auprès de Sésame, fonds de dotation solidaire, et de Medicalps, le cluster qui réunit 150 acteurs innovants de la santé sur l’arc alpin. 

    Quels sont vos grands défis ? 

    MP : Entre 2020 et 2050, la part des personnes de plus de 60 ans sera amenée à doubler dans le monde. Il sera de notre responsabilité de répondre à la demande, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Inde… pour sauver ou prolonger la vie d’un plus grand nombre de patients. Tout ceci, nous le souhaitons depuis Grenoble. 

    E. Ballery

    Infos clés

    • Production de tubes métalliques de précision pour la santé et l’industrie (aéronautique, spatial, électronique, horlogerie…)
    • Taux de croissance moyen du CA : 10 à 15 % par an
    • Activité liée à la santé : 90 %
    • CA export : 93 %, réalisé auprès de 50 pays. 
    • Effectif : 660 personnes

    A savoir

    • Un stent sur deux posés dans le monde est produit chez Minitubes

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