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Innovation — Le 12 septembre 2017

Des entreprises au fort potentiel

© J-M Peyral - Exposition "Made in Cantal" - Les deux frères Jalenques, dirigeants d’Interlab, devant leurs locaux de Mourjou (Cantal).

Le renouveau de l’industrie

Maintenir un tissu industriel fort, source de richesse et de retombées pour tous les autres secteurs économiques, est bien l’un des enjeux clés. À cet égard, la région dispose de leaders français ou internationaux incontestés, couvrant tous les domaines de spécialités – Michelin, Groupe Seb, Somfy, Rossignol, Mobalpa, Fermob… Elle peut en outre compter sur un réseau diversifié d’ETI et de PME, tout aussi dynamique et parfois même leader sur leur niche de marché. Certaines d’entre elles réalisent des trajectoires de croissance exceptionnelle dans des environnements pourtant en pleine transformation. C’est le cas par exemple d’ECM Technologies, à Grenoble. Créée en 1928, l’entreprise fournit une trentaine de fours industriels par an, à très forte valeur ajoutée, pour les industries automobiles, aéronautiques, médicales, électroniques, photovoltaïques. En quatre ans, la société est passée de 120 à 335 personnes grâce à une croissance externe, mais pas seulement : “Nous avons su développer des équipements avec des coûts d’accès à la technologie plus faibles, ce qui a participé à l’élargissement du marché”, explique son PDG, Laurent Pelissier. De même, un four innovant conçu pour les applications de l’impression 3D devrait encore ouvrir de nouvelles perspectives.

Viser le leadership sur un marché

Dans la Loire, Technomark, a su, elle, surfer sur la vague montante du marquage et de la traçabilité industrielle, en proposant des technologies toujours plus adaptées. Depuis 2000, la société a mis au point une gamme de 63 machines et prévoit un chiffre d’affaires de 7 M€ en 2017 dans 45 pays, avec 48 salariés. “Nous avons accompli en dix ans ce que d’autres mettent 50 ans à réaliser”, avance son dirigeant, Laurent Baud. Dans le secteur des services cette fois, TMM Groupe fédère quatre sociétés dont TMM IS, intégrateur informatique spécialiste des services de mobilité pour le secteur santé, TMM Software, éditeur de logiciels e-santé centrés autour du patient, et Oppido, éditeur de progiciels métier pour les résidences de personnes âgées. Il emploie 90 collaborateurs, et son chiffre d’affaires devrait plus que doubler entre 2015 et 2017 (CA 2015 : 7,5 M€ ; CA prévisionnel 2017 : 18,3 M€). “Nous prévoyons encore une trentaine de recrutements d’ici 2018”, projette son PDG Arnault Thouret. 

Un réseau partenaire du développement

Dans ces phases de croissance où tout va très vite, l’entreprise doit pouvoir compter sur ses partenaires. “Les PME n’ont pas toutes les compétences dont disposent les grands groupes, ce qui nécessite d’aller les chercher là où elles se trouvent”, relève Guy Chantegraille, PDG d’ABI Profils à Monistrol-sur-Loire. “Pour ma part, je les puise en particulier auprès de la CCI Haute-Loire, de l’école supérieure de commerce de Clermont- Ferrand et de notre syndicat professionnel Allizé Plasturgie. Ces organisations mettent à notre disposition des ressources dont nous aurions tort de nous priver. Je recours régulièrement à leur expertise”, ajoute le dirigeant. Dans l’Ain, Frédéric Reboux, dirigeant de Femilec, a pu ainsi, à la suite d’un accompagnement stratégique et d’un audit réalisé par la CCI, mesurer l’opportunité d’initier une certification Mase (système de management de la sécurité pour réduire les risques au travail), importante pour son secteur d’activité. “Nous nous adressons à notre CCI dès qu’une nouvelle problématique se présente”, confirme Anthony Veuillet, co-associé de Simef Industrie, en Savoie. Convaincue que “l’union fait la force”, l’entreprise a elle-même bâti un réseau de partenaires fournisseurs associés à la mise au point d’équipements. 

Soutenir les entrepreneurs de croissance

Apporter des solutions sur mesure aux entreprises en hypercroissance est en outre la vocation du programme Pépites. Proposé depuis 2012 à l’instigation de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne et de la Métropole de Lyon, il permet à des sociétés enregistrant une progression supérieure à 20 % sur leurs trois derniers exercices, de profiter d’un accompagnement personnalisé pendant deux ans, faisant intervenir des experts dédiés. Technomark, dans la Loire, a pu en bénéficier. “J’ai eu l’opportunité d’élargir mon réseau, de gagner en efficacité et réactivité sur des sujets clés comme notre implantation à La Talaudière”, indique Laurent Baud. “Ce dispositif est fondamental pour casser le plafond de verre que connaissent les PME, faute d’équipes internes dédiées aux aspects réglementaires, juridiques, institutionnels”, renchérit Mario Deserable, dirigeant de Tetradis à Saint-Quentin-Fallavier. “Nous nous faisons accompagner actuellement sur la transformation digitale de l’entreprise, ce qui permettra de réaliser “l’usine du futur” à l’occasion de notre extension.”

Le moteur de l’accélération : l’innovation

Dans la Drôme, des sociétés innovantes comme Merio, et dans le Puy-de-Dôme, Exotic Systems, ont bénéficié du même type d’accompagnement global de la part des CCI depuis leur création. Et dans les démarches d’innovation, le réseau des CCI, aux côtés des pôles et clusters, est incontournable, des premiers pas jusqu’au relais d’information pour présenter les dossiers européens les plus pointus. Les CCI orientent aussi les sociétés vers les réseaux de financement spécialisés. Le témoignage de R-TECH, en Haute-Savoie, illustre cette large vocation. “Quand nous avons créé l’entreprise, en 2010, nous ne connaissions aucun dispositif. Nous comptions seulement sur nos fonds propres. Mettre au point notre propre gamme de machines demandait toutefois des moyens autrement plus importants. Nous avons appris que de multiples acteurs pouvaient nous aider”, retrace Nicolas Galmiche. À commencer par le recours au Crédit d’Impôt Recherche, aux prêts innovation de Bpifrance et du pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries. La CCI a aussi accompagné l’entreprise dans le montage d’un dossier Ademe, et a bénéficié dans ce cadre d’une subvention suite à un prix décerné en 2016 par l’Agence de l’environnement. Depuis cette ouverture, l’entreprise systématise les démarches collectives. Elle a pratiqué presque tous les volets du programme Ambition PME – stratégie, innovation, systèmes d’information, Go export… – financé par la Région et relayé par les CCI. “Nous sommes avant tout des techniciens. Nous avons pu consolider nos savoir-faire managériaux grâce à cet apport en méthodologies structurantes. Nous démarrons actuellement le programme Commercial PME avec la CCI.” Dans le même temps, R-TECH mettait sur le marché un équipement industriel en rupture dans le domaine du décolletage et ambitionne de multiplier par deux son chiffre d’affaires dans les cinq années à venir. Son innovation est commercialisée à 60 % à l’international…

Aller plus loin

L’international, voilà bien un autre tremplin pour la réalisation de croissances fortes ! Interlab, PME de 80 personnes basée à Mourjou dans le Cantal, exporte déjà 80 % de sa production. “La société s’est intéressée très tôt aux marchés extérieurs. Interlab compte aujourd’hui des filiales à Boston, Shanghaï, Singapour. Cette stratégie de conquête assure une croissance solide de 10 à 15 % par an, qui finance à son tour les investissements. Nous sortons toujours au moins un nouvel équipement chaque année.” Dans ce domaine, les CCI se révèlent une porte d’entrée et un point de passage obligé, tant pour la réalisation des formalités que l’accompagnement sur mesure des entreprises. ECM Technologies s’est ainsi régulièrement appuyé sur Grex, le centre de commerce international de la CCI de Grenoble, pour ses recherches de partenaires ou ses implantations directes à l’étranger. D’autres sociétés comme Merio ont pu formaliser leur stratégie à l’international grâce au programme spécialisé Go Export, contenu dans le programme Ambition PME. Ce dynamisme des PME et TPE a d’ailleurs été souligné en juin dernier par le président de la CCI de région : “En permanence, de nouvelles PME et TPE font le choix d’un développement à l’international, et certaines d’entre elles deviennent, en quelques années, des locomotives de l’export d’Auvergne-Rhône-Alpes.”

Une performance multifacettes

Mais les entreprises de croissance ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Pour faire face à leur développement et réaliser leurs ambitions, elles ont besoin d’implantations à leur mesure. Technomark, par exemple, investit actuellement 3,2 M€ à La Talaudière dans le premier bâtiment de la Loire certifié BREEAM “Very Good” (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) pour ses performances environnementales et énergétiques. Ses espaces de 2400 m2 permettront de doubler ses capacités de production. “Nous recevons couramment des clients venus de 45 pays. Nous sommes devenus en quelque sorte des ambassadeurs du territoire, et cela nous oblige.” Cette labellisation se trouve couplée à une démarche “Investors in People” qui privilégie l’homme et la qualité des relations humaines dans le développement de l’entreprise. Interlab et TMM Groupe ont, respectivement dans le Cantal et en Ardèche, bâti des locaux emblématiques, à l’image de leur rôle économique et social sur leur territoire. TMM Groupe procèdera ainsi, courant 2018, à une extension de près de 250 m2 de son siège à Guilherand- Granges. Dans le Beaujolais, GPO participe aussi à renvoyer une nouvelle image de l’industrie. “Implantés dans le village de Lacenas, nous avons en 2004 entièrement rénové et désamianté nos locaux. Une isolation performante a été installée, ainsi qu’une climatisation pour apporter du confort de travail. Les visiteurs qui viennent chez nous le remarquent. Tous les salariés embauchés chez nous font aussi le choix de rester.” Même ambition chez Simef Industrie, où les dirigeants ont investi en 2015 dans 3 000 m2 de bâtiment neuf (800 m2 auparavant), Ici, c’est une jeune femme de 25 ans formée par Simef qui a pris la responsabilité de seconde dans l’atelier de production… Chez les entreprises de croissance, la performance se révèle ainsi multifacettes. Tous les leviers – innovation, international, management RH, marketing… – sont activés pour réaliser des parcours hors pair. Leur histoire et leur trajectoire ont décidément beaucoup à nous apprendre !
E. Ballery

A savoir

CCI International Auvergne-Rhône-Alpes
La création par les CCI d’un réseau unique piloté au niveau régional, baptisé CCI International et rassemblant 80 conseillers experts, est révélatrice d’une volonté d’affirmer l’internationalisation des entreprises comme une priorité forte. Elle se matérialise notamment dans la constitution d’une équipe avec l’État, la Région, les organisations professionnelles et privées et les structures de financements spécialisées. Comme le souligne Stéphane Fournier, président de la Commission Internationale de la CCIR, “la détection de nouvelles entreprises en capacité de se développer à l’international est un objectif clé de CCI International. Deux canaux ont été identifiés pour atteindre cette ambition. D’une part, les échanges entre services et informations accumulées à toutes les étapes de la vie d’une entreprise, dont l’innovation, qui doivent permettre de mieux repérer les entreprises à potentiel. D’autre part, les 200 000 formalités délivrées, qui constituent une opportunité de diffuser toutes les autres actions réalisées à l’international par les CCI”.)

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