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Tourisme d’affaires — Le 28 avril 2017

Organisation d'événements : un vrai savoir-faire

La capitale des Alpes dispose d'un vrai savoir-faire et des structures d'accueil adéquates pour l'organisation de congrès et autres événements d'affaires.

© Prisme / Pierre Jayet

“Pour gagner un congrès, précise Alexandre Rey, directeur d’exploitation d’Alpexpo, il faut trois ingrédients majeurs : un site d’accueil répondant aux exigences des organisateurs de congrès ; une personnalité scientifique qui porte l’événement et une collectivité qui valorise la destination.” C’est précisément la volonté de Fabrice Hugelé, président du Bureau des congrès et vice-président de la Métropole délégué à l'économie, l’industrie, au tourisme et à l’attractivité, qui a souhaité engager le territoire dans une stratégie de conquête. En janvier, le Bureau des congrès et la Métropole ont réuni les responsables d’Alpexpo, du World Trade Center, l’organisateur d’événements professionnels Insight-Outside et la communauté scientifique. L’objectif : répertorier les événements pour lesquels Grenoble dispose d’une légitimité scientifique en vue de l’organisation de congrès. Cette volonté, ce travail d’équipe, relèvent de l’ambition réaffirmée de figurer dans le top 5 des destinations françaises du tourisme d’affaires (10e actuellement). “C’est à notre portée”, affiche Fabrice Hugelé.

Multiplication des opérations “séduction”

Mais la compétition est rude pour accéder au podium. Pour se démarquer des 120 destinations possibles disposant d’un centre de congrès en France, le Bureau des congrès multiplie donc les opérations “séduction”. En mars, il a lancé un nouveau site internet comprenant notamment un moteur de recherche performant pour composer un événement sur mesure. En 2016, il a intégré le cluster Tourisme d’affaires d’Atout France, chargé de valoriser la diversité de l’Hexagone, ce qui lui donne accès aux salons internationaux du tourisme d’affaires. Il a notamment participé à celui de Barcelone en novembre 2016 et à celui de la Défense, à Paris, en février dernier. Sur son stand, entouré des sites d’accueil, des hôteliers et des PCO (organisateurs de congrès professionnels), il assure la promotion de la destination, avec ce message : “Choisissez Grenoble pour votre événement, on s’occupe du reste !” Car c’est l’une des nouvelles exigences des professionnels : “Les clients veulent une offre tout compris et n’avoir qu’un seul interlocuteur pour la logistique, la restauration et l’hôtellerie, indique Julie Satin, responsable du Centre de congrès du WTC. En tant que facilitateur d’événement, nos services vont du simple accueil à l’organisation complète. Et ce, dans les moindres détails, comme la crèche qui a été installée au WTC à la demande de l’organisatrice du congrès MG France, le syndicat de médecins généralistes.”

Ville de la science

C’est un fait, la science fait partie intégrante de l’ADN de Grenoble. La région représente le 2e pôle de recherche de l’Hexagone, plus de 25 000 chercheurs, 8 organismes de recherches nationaux, dont le CEA, et 5 grands instruments européens, parmi lesquels l’European Synchrotron Radiation Facility, sans oublier des entreprises leaders dans des secteurs clés. Élue 5e ville la plus innovante du monde par le magazine Forbes en 2013, Grenoble est aussi très prisée des étudiants (désignée première ville française la plus attractive en 2016 par L’Étudiant Mag). La démarche commune, pilotée par Grenoble Alpes Métropole entre les sites de congrès et la communauté scientifique, a permis de dégager les points forts. Au nombre d’entre eux, six filières d’excellence pour lesquelles elle peut se positionner comme leader : micro et nanoélectronique ; informatique et logiciel ; medtechs et santé ; énergie ; chimie et environnement ; métallurgie et mécanique. Reste à identifier les capitaines d’équipe, autrement dit les chercheurs capables de réunir sur place leur communauté pour candidater à l’accueil de grands congrès scientifiques.

Des centres de congrès à la pointe

Les acteurs du tourisme sont déjà dans les starting-blocks pour séduire cette clientèle d’affaires, qu’elle soit locale, nationale ou internationale. Les trois centres de congrès grenoblois investissent sans cesse pour moderniser les sites. La CCI, qui gère le Centre de congrès du WTC, a récemment investi afin d’augmenter la capacité en wifi et de faciliter l’accès à l’auditorium aux PMR (personnes à mobilité réduite). La Maison Minatec a construit de nouveaux espaces augmentant sa capacité d’accueil à 1 000 m2, tandis qu’Alpexpo a équipé ses salles d’un matériel audiovisuel de dernière génération. Les prestataires sont également en ordre de bataille : l’hôtel Mercure Meylan vient de lancer un tout nouveau concept de salle de réunion ou encore la société Kahotep qui a importé en France le concept suisse du Airbord : “Une luge gonflable facile à maîtriser, accessible à tous, qui procure des sensations rapidement”, confie Emmanuel Gondras, le fondateur. De son côté, le Stade des Alpes, qui accueille environ 200 événements par an, invite les entreprises à découvrir les lieux lors de “soirées privilèges”. “Fin mars, plus de 70 personnes de 25 entreprises différentes étaient réunies dans les salons et showrooms du stade. Cela leur permet de projeter leur événement ici”, se réjouit la responsable commerciale, Isabelle Sassi.

Un tout nouveau terminal d’affaires

L’aéroport Grenoble-Isère, quant à lui, est prêt pour accueillir une clientèle d’affaires internationale. Il a déjà enregistré une croissance de 21 % du nombre de passagers en aviation d’affaires entre l’hiver 2015 et 2016. Pour renforcer son offre, il a inauguré en novembre 2016 un nouveau terminal de 400 m2 sur deux étages répondant aux exigences de cette clientèle qui souhaite la discrétion : flexibilité, équipe dédiée, salles de réunions et services de restauration. Erina Tissot, responsable de l’aviation d’affaires, souligne les avantages des modes de transport à la demande. “Quand une entreprise affrète un avion, elle optimise le trajet, car il n’y a pas d’enregistrement, pas de procédure d’embarquement et le passager a la possibilité de travailler à bord. Ce service sur mesure permet à des chefs d’entreprise de participer à des réunions dans deux pays différents la même journée !”

L’épineuse question des transports

La question des transports est centrale dans l’accueil de grandes manifestations internationales. Selon Yves Exbrayat, directeur du Bureau des congrès, l’accessibilité de Grenoble est “plutôt bonne”. Elle dispose d’une gare à trois heures de Paris, d’un aéroport de proximité et de deux aéroports internationaux (Lyon-Saint-Exupéry à une heure de route et Genève à une heure trente). Il existe aussi des navettes reliant ces hubs à Grenoble et un titre de transport spécial congressiste, le Business TAG. Est-ce suffisant face à la concurrence ? Certains en doutent. “Tant qu’on ne passe pas sous la barre des deux heures trente de TGV depuis Paris, il restera difficile de faire venir les Parisiens”, reconnaît Philippe Duchamp, président du Club hôtelier. Fabien Zebbar, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de l’Isère, insiste sur la congestion du réseau routier, qui peut inciter les passagers de l’aéroport régional à privilégier la Savoie. Une question primordiale, quand l’activité hôtelière enregistre “une baisse significative, comme l’indique Fabien Zebbar. Il y a encore sept ou huit ans, les hôtels étaient complets du lundi au vendredi. Aujourd’hui, ils le sont seulement le mardi et le mercredi”. La crise est passée par là. Une tendance confirmée par Philippe Duchamp : “La durée du séjour diminue. Le taux d’occupation moyen s’élève à 50 %, même si 2016 reste une année convenable.”

D’autres challenges à relever

L’offre hôtelière grenobloise est plébiscitée par la clientèle étrangère pour son charme à la française (Château de la Commanderie, Château de Sassenage, Domaine Saint-Jean-de-Chépy…). Mais la destination doit encore renforcer son attractivité. Elle ne dispose pas encore de marketing territorial comme Lyon qui a su fédérer les acteurs autour de sa marque Only Lyon. “Certaines entreprises inscrivent même le logo dans leur signature mail”, constate Julie Satin du WTC pour insister sur l’adhésion des sociétés lyonnaises à cette image. Le Département a lancé la marque Alpes Is(H)ere en janvier dernier, mais elle doit encore être pleinement appropriée au niveau local. Il manque en outre à Grenoble un événement ou un site l’identifiant au plan national. Philippe Duchamp cite les exemples de la Cité de l’espace à Toulouse, la Fête des lumières à Lyon ou plus proche, le Festival de jazz de Vienne. “Il serait nécessaire de décider d’un tel événement et de capitaliser dessus.” Le déclic viendra-t-il des festivités organisées à l’occasion des 50 ans des Jeux olympiques de 1968, qui débuteront en septembre ? Ou d’événements comme les matchs du mondial de foot féminin en 2019, que Grenoble Alpes Métropole souhaite décrocher ? Car le sport reste l’un des piliers identitaires de la destination. Théo Micheletti, fondateur de l’entreprise Dose de sport qui participera aux festivités olympiques, ne dira pas le contraire. “Je rêve d’un événement made in Grenoble qui fasse rayonner la ville et fédère tous les acteurs et le grand public.” Pour cela, il faudra aller “plus vite, plus haut, plus fort”. La destination Grenoble ne manque pas d’arguments pour répondre à ce défi.

M. Coste

Chiffres clés du tourisme d’affaires sur le territoire de la Métropole

- 3 centres de congrès

- 90 congrès par an dont 30 internationaux

- 10e destination française de tourisme d’affaires (selon le classement ICCA, International Congress and Convention Association)

- 300 € dépensés chaque jour par congressiste étranger (250 € pour les congressistes nationaux)

- Plus de 5 000 chambres du 2 au 4 étoiles- Volume des nuitées d’affaires (sur nombre de nuitées total) : 70 %

Source : Bureau des congrès

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